« Le PPA-CI est un nouveau parti de gauche, socialiste et panafricaniste », lit-on dans l’article 4 des statuts du parti fondé le 17 octobre 2021 à Abidjan.
Cest quoi être de la gauche en politique ? Cela signifie généralement soutenir l’égalité sociale, la solidarité et une intervention de l’État pour réduire les inégalités, le progrès, la justice sociale, les services publics et les droits des travailleurs. La gauche s’oppose ainsi au conservatisme et au libéralisme économique de droite. Dans la gauche, on trouve les idéologies suivantes: socialisme, social-démocratie, communisme, écologie politique, etc.
Pour comprendre l’origine du mot, il convient de remonter à la Révolution française (1789-1799) où les députés opposés à la monarchie et favorables aux idées progressistes prenaient place à gauche de l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Peut-on être de la gauche sans être Gbagboïste ? Oui parce que le gbagboïsme est la vision politique de Gbagbo. Francis Wodié, Bernard Zadi Zaourou, Barthélemy Kotchy, Bernard Dadié et d’autres étaient de la gauche sans être des Gbagboïstes. Même au sein du FPI, certains militants comme Ahoua Don Mello étaient communistes car le FPI était un front.
Cela dit, on doit reconnaître en même temps que beaucoup d’Ivoiriens suivent non pas l’idéologie (ou la vision) mais les leaders. Ceux-là sont enclins à idolâtrer les chefs, à confondre la vision avec celui qui la porte. Seule la formation politique peut corriger une telle dérive. Mais combien de partis politiques ont le souci de donner une formation idéologique à leurs militants ?
Madame Nady Bamba a toutefois raison quand elle affirme que la société ivoirienne semble être divisée entre Houphouëtistes et Gbagboïstes aujourd’hui. Ce qui ne veut pas dire que la gauche n’a jamais existé dans notre pays. Pour moi, la gauche ivoirienne a bel et bien existé mais semble endormie en ce moment. Elle a besoin d’être réveillée mais aussi d’être adaptée à nos réalités. Cela commencerait par la débarrasser de ce qui la déshonore. Par exemple, la propension à mener une vie luxueuse pendant qu’on prêche la simplicité. Car rien n’est plus incohérent qu’une gauche qui dit ce qu’il faut faire mais ne fait pas ce qu’elle dit. Cette fausse gauche, cette « tribu frivole et tartuffe qui aime le peuple mais se garde bien de partager son sort », le journaliste Laurent Joffrin l’appelle la gauche caviar (cf. « Histoire de la gauche caviar », Robert Laffont, 2006). Elle est incarnée en France par Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, entre autres. Une gauche caviar trahirait les aspirations de la jeunesse africaine. Idem pour une gauche mondialiste car l’Afrique d’aujourd’hui refuse à la fois qu’on pille ses ressources et qu’on lui dicte ce qu’elle doit faire.
Jean-Claude Djéréké