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Entretien avec Ousmane Sanding, Maire de la commune de Boutoupa Camaracounda (Sénégal) :   « Nous voulons nous inspirer de l’expérience de la Côte d’Ivoire sur la gestion des déchets et de l’environnement »  

Ousmane Sanding, élu maire de la commune de Boutoupa Camaracounda lors des élections municipales de janvier 2022, s’impose comme une figure clé du développement local de la région de Ziguinchor

En tant que membre actif de l’Union des Associations d’Élus Locaux (UAL),une association faitière des différentes collectivités territoriales au Sénégal, il défend le rôle pivot des collectivités dans la transition écologique et la préservation de la biodiversité.Interrogé, le Maire Ousmane Sanding se trouve séduit par l’expérience ivoirienne en matière de gestion des déchets et de l’environnement. Lecture! 

 

En tant qu’élu local, comment appréhendez-vous cette question sur le terrain ? Avez-vous des difficultés ? Que représente la question de l’environnement dans votre gestion ?

La gestion de l’environnement fait partie des compétences transférées aux collectivités territoriales. Nous avons une responsabilité, même si on doit comprendre que les questions environnementales sont des questions d’ordre international. Parce qu’aujourd’hui, les changements climatiques n’épargnent aucune localité avec leur impact. Donc aujourd’hui, en tant qu’exécutifs territoriaux, nous devons intégrer cet aspect de changement climatique. C’est pourquoi notre venue ici a un sens et est d’une importance capitale…Le changement climatique a un impact réel sur nos communes et nos populations. Donc aujourd’hui au Sénégal, nous avons des dispositifs de gestion, avec la SONAGED, mais qui n’est pas opérationnelle dans toutes les collectivités. Pour nous qui sommes des collectivités des régions rurales, on ne bénéficie pas de cet accompagnement. Alors que le volet environnemental, c’est un volet qui prend tout le monde en charge. Donc, nous avons l’obligation d’avoir un dispositif pour faire face à la question de la salubrité dans nos collectivités territoriales qui accordent un cadre de vie décent aux populations, mais aussi faire face, par des mesures, au changement climatique, qui a un impact très négatif dans les conditions de vie des populations dans tous les pays et dans toutes les zones de collectivités territoriales.

Nous avons alors un défi à relever aujourd’hui et ce défi concerne le dispositif dans ces collectivités territoriales urbaines ou rurales, grandes ou petites. Parce que le fléau de l’environnement n’épargne personne. Le changement climatique, le dérèglement de l’écosystème n’épargne personne. Donc, il faut, pour une contribution efficiente et efficace, que tout le monde doit être impliqué.

Nous avons aujourd’hui cette ambition de nouer des partenariats avec des collectivités territoriales qui ont des expériences beaucoup plus poussées que nous, mais aussi avoir des partenaires internationaux et autres, pour vraiment nous aider à mettre en place des dispositifs pour la salubrité nos collectivités territoriales, mais pour aussi faire face aux changements climatiques, en vue améliorer davantage les conditions de vie de nos concitoyens.

 

En matière de gestion des déchets, y a-t-il une synergie d’actions entre l’Etat central et les collectivités décentralisées au Sénégal ? N’y a-t-il pas un conflit de compétences ?

 

Il n’y a pas de conflit en ce qui concerne la gestion des déchets. Parce que les collectivités territoriales sont les démembrements de l’Etat. Donc nous agissons pour le compte de l’Etat et nous agissons en vertu des pouvoirs que l’Etat central nous a délégués. Ceci dit, il n’y a pas de conflit à ce niveau. Mais comme je le dis, il y a un dispositif que l’Etat a mis en place, mais ce dispositif est trop concentré dans les agglomérations urbaines, avec des démographies beaucoup plus importantes. Les communes rurales peinent à être visibles. Je pense que si on doit faire un combat pour la salubrité d’un pays et pour faire face aux changements climatiques, toutes les zones de collectivités territoriales doivent être prises en compte. Il n’y a donc pas de dualité entre l’Etat central et les collectivités territoriales. L’Etat est en train de jouer sa partition en mettant à disposition de certaines collectivités, des mécanismes de collecte et de gestion de déchets. Le souci, c’est que ce mécanisme n’est pas universel. Ça reste quelque chose qu’il faut corriger. C’est pourquoi, nous en tant que collectivité des régions rurales, nous peinons dans la gestion de cette question. Il nous faut donc échanger avec des collectivités qui ont des expériences beaucoup plus poussées, et avec certaines organisations internationales, comment nous pouvons être beaucoup plus efficace sur le sujet.

 

Qu’attendez-vous de l’expérience de la Côte d’Ivoire en matière de gestion des déchets ?

 

Nous sommes venus pour un partage d’expérience que la Côte d’Ivoire offre dans ce domaine.  Il s’agit de voir quelles sont les compétences qui sont sur place et qu’on peut transférer aux collectivités, parce qu’il faut une réaction d’ensemble. Il s’agit de voir au-delà des collectivités quels sont les différents partenaires financiers et techniques, quelles peuvent être les retombées pour nos collectivités territoriales au Sénégal, dans quel cadre ces organismes peuvent nous accompagner. Comment nous aussi, nous pouvons faire face à cet aspect de la salubrité et du changement climatique qui est un phénomène fondamental et qui préoccupe toutes les autorités du monde entier. Je pense que tout changement doit partir de la base vers le sommet. C’est pourquoi les collectivités territoriales doivent jouer un rôle essentiel. Nous avons donc à cœur de nous approprier ce qui va se faire lors de ce Salon international de la salubrité et de l’environnement (SISE). C’est pourquoi le président de l’UAL accorde du crédit à cet événement et nous ferons le partage de ce qu’on aura appris ici. Il convient donc de dire à tout le monde que les collectivités territoriales sénégalaises sont déjà disposées à trouver des partenariats financiers et techniques avec les collectivités territoriales du monde entier, pour qu’on puisse, ensemble, aux côtés de l’Etat du Sénégal, faire face à ces questions de salubrité et de gestion de changements climatiques.

Réalisé par Hervé Gobou Coll. L.S

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