Et le premier gouvernement de son quatrième mandat est revenu à faire du neuf avec du vieux: sur trente ministres, cinq nouvelles nominations et trois sur quatre ministres délégués.
Cette nouvelle équipe a fait deux sacrifiés: Laurent Tchagba et surtout Kobenan Kouassi Adjoumani, ex-ministre d’État et porte-parole en chef du RHDP. Et c’est un séisme. « L’éléphant du Zanzan » est un indéboulonnable du gouvernement.
Sous Laurent Gbagbo, il a été ministre pour le compte du PDCI-RDA de 2002 à 2005. Et depuis la prise du pouvoir d’Alassane Ouattara, il a été membre du gouvernement sans discontinuer depuis juin 2011, pour devenir ministre d’État.
Adjoumani part et c’est un autre dinosaure qui prend son portefeuille de l’Agriculture et des Ressources vivrières: Bruno Nabagné Koné, gendre du chef de l’État et ministre depuis juin 2011.
Il s’est, en effet, opéré un jeu de chaises musicales : Mariétou Koné a quitté l’Éducation nationale – qui revient à son collègue N’Guessan Koffi de l’Enseignement technique – pour le Portefeuille de l’État et des entreprises publiques, laissant la patate chaude de la prime d’incitations des enseignants à son successeur.
De son côté, alors que Kaba Nialé, devenu ministre d’État, laisse son poste de ministre du Plan à Souleymane Diarrassouba (ancien ministre du Commerce), Koffi Kouakou Amédé, au gouvernement depuis dix ans, abandonne ses « goudrons biodégradables » du portefeuille de l’Équipement et de l’Entretien routier pour l’Hydraulique, l’Assainissement et la Salubrité.
Au final, Alassane Ouattara ne réalisera jamais sa belle promesse de campagne de formation d’un gouvernement de 20 ministres pour réduire le train de vie de l’État, qui s’aggrave avec la création du nouveau poste de vice-premier ministre.
Et c’est là que se trouve le vrai plan commun. La carte politique de l’après Ouattara commence à se distribuer pour laisser la place à un homme fort: Téné Birahima Ouattara. Il est le vice-premier ministre et …ministre de la Défense. Robert Beugré Mambé a bien été reconduit comme chef du gouvernement mais son poste risque rapidement d’être une coquille vide ou de convenance pour les apparences.
Le 14 janvier 2026, à son arrivée de Paris, Ouattara a exclu à son accueil tous les présidents d’institution pour faire place nette à Photocopie, son cadet, afin que les aveugles voient et les sourds entendent. Et que le spectacle commence.
F. M. Bally