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AFRIQUE DU SUD — Retour à la violence contre les étrangers  

Une recrudescence des violences xénophobes visant des ressortissants africains secoue plusieurs régions du pays, notamment le KwaZulu-Natal et Pretoria, où commerces pillés, agressions physiques et menaces organisées plongent de nombreuses communautés migrantes dans la peur.

Au cœur des tensions figure le mouvement « Dudula », mot zoulou signifiant « expulser », dont des militants mènent des actions hostiles contre des étrangers originaires d’Afrique subsaharienne, accusés d’être responsables du chômage, de l’insécurité et des difficultés économiques locales.

Dans plusieurs villes, des commerces tenus par des Nigérians, Somaliens, Congolais, Zimbabwéens, Mozambicains, Tanzaniens, Ougandais ou encore Sénégalais sont régulièrement pris pour cible, notamment les « spaza shops » implantés dans les townships. Certains propriétaires auraient été contraints de fuir, tandis que des familles migrantes dénoncent des violences répétées.

À Durban, des commerçants expatriés affirment avoir cessé leurs activités face aux menaces directes de groupes armés. D’autres témoignages en provenance de l’Eastern Cape décrivent une insécurité quotidienne touchant l’ensemble des ressortissants ouest-africains, sans distinction de nationalité.

Plusieurs observateurs relèvent le paradoxe d’un pays marqué par l’héritage de l’apartheid et désormais confronté à une nouvelle forme de rejet ciblant d’autres Africains. Des vidéos relayées en ligne montrent parfois des citoyens sud-africains blancs intervenant pour protéger des migrants noirs attaqués par d’autres groupes locaux.

Face à l’escalade, le président Cyril Ramaphosa a appelé au calme lors de la Journée de la liberté du 27 avril, rappelant le rôle crucial joué par les nations africaines dans la lutte contre l’apartheid et l’accueil des combattants sud-africains en exil.

Le chef de l’État a insisté sur le devoir de préserver la fraternité africaine qui a contribué à la libération du pays, tout en reconnaissant les tensions sociales et économiques persistantes.

Le ministère de la Police a, de son côté, interdit toute forme de justice privée et rappelé qu’aucun groupe n’est autorisé à se substituer à l’État de droit.

Vox africa

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