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Agnon Jonas, Chef du village de Kassemblé: « Notre Baobab, le Premier Ministre Beugré Mambé a développé notre région »

Fils d’une fratrie de treize enfants dont il est le sixième, l’honorable AGNON Jonas est enseignant de profession actuellement en service à Daloa en qualité d’inspecteur d’enseignement.  Ce grand homme épris de paix et de justice, réputé strict et reconnu pour sa discipline personnelle et sa rigueur morale est traditionnellement issu de la catégorie Tchagba-Dongba. Choisi Chef du village le 7 juin 2025 par ses pairs, il voit sa désignation annulée par le Préfet en pleine Assemblée le 21 juillet 2025 pour une reprise du processus. Mais résilient et respectueux des lois, l’homme s’est illustré par un calme olympien qui a démontré aux yeux de tous ses véritables aptitudes à gouverner, à être chef; et il fut peu après reconduit.

Dans cette interview, l’honorable AGNON Jonas fait le grand déballage.

Parlez-nous de votre village.   “Kassemblé est la capitale de tous les Songon. 

Kassemblé fait partie des villages qu’on appelle Songon et c’est le chef lieu de sous-préfecture. Un très beau village en bordure d’eau, avec une vue  lagunaire très longue et très belle. C’est au niveau de Kassemblé que se trouve les logements sociaux. Disons que dès l’installation de la sous-préfecture, Kassemblé a connu une évolution spectaculaire.

Nous avons accueilli presque tous les déplacés d’Abidjan. Ils sont entrés sur Kassemblé parce que Kassamblé offre vraiment une facilité de déplacement.  Nous avons l’autoroute à deux voies ici, nous avons une sortie par Y4. Et aussi la V9 qui sera bientôt opérationnelle. Accessible en termes de circulation, Kassemblé est un foyer de logements très prisé de tous et surtout les gens d’Abidjan. Le village dispose aussi d’un centre de santé, d’un centre de sodeci.

Kassemblé, c’est la fratrie principale, c’est le  centre, là où les Songons viennent régler leurs problèmes au plan coutumier. C’est la capitale, le lieu de rassemblement de tous les Songon.  On l’appelle aussi Djèmin.

Parlons de l’origine des crises

ils ne sont pas au pouvoir, mais ils sont au  pouvoir sans être là 

Les crises dans les villages ébrié résultent principalement des intérêts fonciers. Nous avons constaté que dans les villages où il n’y a pas de problème de foncier, il n’y a pas de crise de chefferie. Mais dès que  vous avez un foncier, la crise du foncier éclate. Et  surtout, lorsque la chefferie sortante, les Dougbô ont mal géré, là, c’est encore grave. Mais lorsque le chef Dougbô sortant a bien géré, les  conflits sont moindres, les ampleurs sont moindres. Parce que les sortants, n’est-ce pas, veulent protéger leur arrière parce qu’ils ont généralement des  cadavres dans le placard, comme on le dit. Donc ils ne voudraient pas que les gens les découvrent.

Pour cela, ils s’obligent à trouver des successeurs pour continuer sur leur lancée. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas au pouvoir, mais ils sont au  pouvoir sans être là. Pour couvrir  leurs malversations, leur mauvaise gérance.

C’est  principalement cela qui a entraîné des conflits dans tous  les villages ébrié et qui fragilise quelque peu les pouvoirs des chefs. Sinon à part ça, je pense qu’il n’y a pas de problème qui peut expliquer les conflits que nous connaissons. La chefferie dans les villages est une affaire de lignée et de coutume. Lorsque quelqu’un n’a pas été  choisi par sa catégorie, il ne peut prétendre être chef.

Chez nous les Tchamans, le plus bas niveau de choix part de la catégorie.  Et  il y a 3 catégories par génération, et dans certains villages, il y en a quatre.

A la suite du choix par catégorie, lorsqu’on a les différents prétendants, ces derniers ont tous la même valeur.

Et donc lorsque cela est soumis à l’appréciation des anciens, pour procéder au choix définitif du chef comme il est de coutume chez nous ici à Kassemblé, celui qui est choisi en principe devrait être accepté de tous.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. Lorsque les sortants se rendent compte que celui qui a été choisi ne répond pas à leur vision, ils font des  blocages. Et cela fragilise aussi le pouvoir parce qu’il y a certains même qui se mettent à l’écart de la gestion du village quand bien même que leur absence n’empêche pas de gérer. Mais pour la cohésion, nous souhaitons qu’ils soient là. Parce que si X ou Y n’est pas là, le chef exécute sa vision. Il exploite les ressources, les mets à la disposition de ceux qui sont disposés et ça avance. On n’a pas besoin de tout le monde pour faire un investissement. L’investissement est fait au profit de la communauté. Quand bien même qu’ils ne sont pas d’accord, ils profitent également de l’investissement.

Des Solutions?

L’individu doit se soumettre à la  communauté et non la communauté qui doit se soumettre à l’individu

Les solutions, il faut que  chacun connaisse sa place.

Parce que lorsque la génération a choisi ses quatre prétendants et qu’on les soumet à l’appréciation des Dougbô, celui qui est choisi doit être accepté de tous, puisque les quatre prétendants ont la même valeur. Donc celui qui a été choisi par les Doyens ne souffrir d’aucune contestation. Mais malheureusement il y a des personnes qui veulent toujours que ce soit leur point de vue qui s’impose aux autres.Alors que nous sommes dans le cadre d’une communauté. L’individu doit se soumettre à la  communauté et non la communauté qui doit se soumettre à  l’individu.

Etes-vous confronté à des difficultés, depuis votre arrivée?

Pas de difficultés en tant que telles, mais celles que nous rencontrons  sont les problèmes du foncier. Parce que nos nos prédécesseurs n’ont pas pris soin de protéger le patrimoine foncier. Nous sommes confrontés aujourd’hui à des  batailles juridiques pour reprendre la main sur notre foncier.

Quelles sont lespriorités de votre programme?

C’est en faisant la  clôture du cimetière que nous nous sommes rendus compte que la moitié du cimetière a été vendue

La priorité  ce sont les investissements pour le village. Et au niveau  du village, il faut faire attention, ce n’est pas un  gouvernement qui a des moyens. Nous, à notre tout petit  niveau là, les investissements généralement sont basés sur  l’embellissement du village. C’est-à-dire les voies de circulation doivent être entretenues, doivent être  améliorées, si possible, mettre du goudron ou des pavés,  il faut fleurir ou bien arborer les artères principales. Il faut trouver des financements pour les jeunes, les jeunes filles qui sont disposées  à faire du commerce, à se prendre en charge.

Et aussi le grand chantier que nous avons tout de suite commencé dès notre arrivée il y a quelques semaines seulement, il a fallu pour nous protéger le patrimoine essentiel qui est le cimetière.

Nous  avons alors fait une clôture du cimetière. C’est en faisant la  clôture du cimetière que nous nous sommes rendus compte que la moitié du cimetière a été vendue. De par ces actes, comprenez bien pourquoi les gestionnaires passés ne pouvaient pas se défaire facilement du pouvoir. Dieu faisant grâce, nous avons clôturé le cimetière, nous avons mis en place une assurance pour les personnes âgées, pour les éloigner un  peu plus du stress. Une assurance en médicament, sans un apport initial.  Nous les prenons en charge à 80%. Donc les personnes âgées sont prises en charge et nous le faisons sur fonds propre du village.

Et nous comptons aussi, n’est-ce pas,  donner un coup de pouce à tous les jeunes qui ont eu des lots, mais qui n’ont pas les moyens pour les mettre en  valeur. Nous comptons d’ici juin, Dieu faisant grâce, leur fournir du matériel.

Nous comptons également faire la peinture des façades des maisons des voies principales

Que pensez-vous de la traduction des chefs de villages devant les juridictions notamment le Conseil d’Etat, pour les faire démettre?

Lorsqu’un chef est choisi selon les critères en vigueur au sein de sa génération, et lorsqu’il a eu l’onction du Nanan du village mais ceux qui vont au Conseil d’Etat doivent être déboutés et ramenés au village où il se trouvent des organes compétentes en matière coutumière. Le Conseil d’Etat devrait normalement signaler son incompétence devant des affaires qui relèvent de la coutume. Traduire un chef devant la justice c’est trimbaler tout le village, humilier tout le village et ce n’est pas bien. Les villages sont tenues par le sceau de la discrétion, à ce niveau. C’est déshonorant. Dans le cas de Kassemblé, par exemple,  le préfet s’est mis dans l’arène. Le préfet est descendu dans l’arène pour suivre de bout en bout le processus. Il a interrogé les populations sur le processus de désignation du Chef du village. Une fois défini par les villageois eux-même, il a la mise en oeuvre systématique du processus tel que défini jusqu’à la désignation du Chef du village que je suis aujourd’hui. Dès lors, si quelqu’un s’invite au Côte d’Etat, on ne sait sur quoi portera sa plainte. Parfois les esprits chagrins et autres ont leur raison que la raison elle-même ignore. Bon, nous attendons de voir.

Estimez-vous être suffisamment protégé, en tant que Chef, au vu de tout cela?

nous devons avoir  une protection, avoir une immunité 

Il faudrait que le cadre de protection, la loi qui protège les chefs soit défini. Mais nous n’en connaissons pas les articles. Donc si nous sommes protégés ou non,  je ne peux pas me prononcer dessus,  mais il faut savoir que nous sommes la suite de l’autorité préfectorale. Nous sommes le dernier maillon  du ministre de l’Intérieur. Et en cette simple qualité, nous devons avoir  une protection, avoir une immunité. Parce que nous exerçons un pouvoir, le pouvoir coutumier qui est à la base du pouvoir actuel. Le pouvoir moderne est inspiré des coutumes. Je souhaite mes vœux les meilleurs au Président de la République pour le travail qu’il a réalisé qui a impacté nos villages en nous permettant de nous déplacer facilement. C’est quelque chose de très important. Mes vœux vont aussi à l’endroit de notre Baobab, le Premier Ministre Robert Beugré Mambé, qui investi pleinement son énergie dans le développement de Songon. Notre Baobab a transformé notre région, il l’a développé. Il est toujours à l’écoute de ses parents. Mes vœux au Ministre Gouverneur, au préfet et au sous-préfet qui nous aident au quotidien à gérer nos villages en proie à nos caprices.

Aussi, pour la population du village, je souhaite mes meilleurs vœux et que Dieu, par sa grâce,  nous apporte la cohésion, la paix. Tous,  investissons  notre espoir en Dieu. Je suis certes le chef mais je suis à leur service. Ils ne sont pas à mon service. Nous devons nous mettre ensemble pour relever les défis afin que les générations futures puissent en profiter.

Par Léon SAKI

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