DÉCLARATION TROP C’EST TROP AMERIQUE, EUROPE ET AFRIQUE :
Depuis 1970, la Côte d’Ivoire est le premier pays producteur au monde de Cacao ; avec environ 2,2 millions de tonnes par an, constituant environ 40% de la production mondiale. Ce qui représenterait entre 15 et 20% du Produit Intérieur Brut du pays.
Ainsi, tous les gouvernements se succédant à tête de ce pays, depuis feu Félix Houphouët-Boigny à Alassane Ouattara, sont unanimes à reconnaître que « l’économie ou le succès de la CI repose sur l’agriculture ». Cependant, quel sort a-t-il toujours été réservé aux producteurs et aux paysans dans ce pays ? Profitent-ils réellement des fruits de leurs durs labeurs ?
Aujourd’hui, sous le régime Ouattara, le monde entier assiste, avec la plus grande stupéfaction, aux pires errements de mal gouvernance et des pires injustices infligées aux producteurs ivoiriens. Comment admettre en effet, qu’après avoir annoncé en grande pompe, en Octobre 2025, en prélude à la présidentielle, le prix d’achat garanti du kilogramme des fèves de Cacao à 2800 f.CFA, le Chef de l’État Ouattara ose se raviser et insulter les paysans, en réduisant ce prix du kilogramme du Cacao à 1200 f.CFA ?
Devant une telle forfaiture, qui pourrait conduire les populations paysannes au plus profond de la pauvreté, les Représentations à l’extérieur du Mouvement TROP C’EST TROP, décident : d’exposer les causes de cette crise grave du Cacao ivoirien (1) ; d’apporter leurs soutiens absolus à tous les producteurs de Cacao en CI (2) ; et d’interpeller vivement le régime d’Alassane Ouattara.
1/ LES DANGERS DE LA POLITIQUE CACAOYÈRE SOUS OUATTARA, SOURCES DE LA PRESENTE CRISE DANS LA FILIERE :
Trois préoccupations principales s’imposent aux ivoiriens, devant la politique de gestion mise en œuvre par le régime Ouattara, pouvant être à l’origine de la présente crise dans la filière.
D’abord, beaucoup s’interrogent souvent sur les décalages des prix, entre ceux fixés en Côte d’Ivoire et ceux fixés dans d’autres pays africains producteurs aussi du Cacao, notamment le Ghana. Ainsi, l’on se demande comment se fait-il qu’alors que le prix du kilo garanti aux producteurs dans les deux pays au cours de la campagne 2025-2026 (la grande campagne) était de 2.800 f.Cfa, la Côte d’Ivoire en est arrivée à casser le prix à 1200f, soit près de 57% de réduction? Alors que les producteurs ivoiriens sont déjà confrontés à la non-exécution par les acheteurs du prix de 2800 f., puisque la plus part n’ont reçu que des bouts de papier en guise de reçus de promesses de paiement. Déstabilisant totalement le quotidien de milliers de paysans, dont les enfants n’ont pu aller à l’école cette année.
De plus, le Ministre Bruno Nabagné Koné nouvellement nommé en Janvier dernier, considéré comme celui devant apporter de l’espoir aux planteurs, a plutôt exigé une condition inquiétante. Il a fait comprendre que le Cacao ne serait acheté qu’aux paysans disposant de la Carte de Producteur; sachant très bien qu’ils sont des centaines de paysans qui ont été recensés mais qui n’ont jusque-là pas reçu leur carte.
Tout ceci traduit bien, soit l’amateurisme, soit l’incapacité des dirigeants actuels du pays à faire face à cette grave situation, qui touche à toute la société ivoirienne. Et pourtant, ce nouveau Ministre de l’agriculture, sans avoir rien résolu, vient d’être décoré.
En second lieu, la Côte d’Ivoire se trouve confrontée à un très sérieux problème, qui pourrait être la principale cause de la crise actuelle. Il s’agit de la rupture des contrats avec les grandes firmes mondiales qui achetaient le Cacao ivoirien, notamment CARGILL (société américaine), OLAM (de Singapour), ou Ecom (de la Suisse), etc. Comment et pourquoi ces ruptures de contrats avec ces structures de négoce ? N’est-ce pas là la vraie raison du manque de liquidité chez les acheteurs ? Que cachent le gouvernement et la Conseil du Café Cacao aux paysans et aux ivoiriens ?
Enfin, le plus dangereux dans la politique de gestion de la filière telle que mise en œuvre par ce régime, c’est la volonté du régime de vouloir contrôler la filière, s’agissant surtout de l’exportation. En clair, la gestion du Cacao ivoirien est trop politisée sous Ouattara ! La preuve en est le rôle central confié à M. Loïc Folloroux, fils de l’épouse du Chef de l’État, Dominique Ouattara.
En effet, étant à la tête d’Africa Sourcing, qui est le principal actionnaire de la chaîne de télévision ivoirienne NCI, et qui dirige également Ivory Cashew Nuts, une entreprise spécialisée dans la noix de cajou, M. Folloroux est imposé comme l’initiateur du Groupement des Négociants Ivoiriens (GNI), regroupant les principaux exportateurs de fèves de cacao de la CI. Il est donc l’acteur clé de la filière du pays, ayant des liens étroits avec le gouvernement et les autres acteurs de l’industrie. On peut donc comprendre toutes les ruptures de contrats avec les grands groupes mondiaux. N’est-ce donc pas parce que les Ouattara veulent eux seuls piloter et contrôler le Cacao ivoirien que cette situation est advenue ? Sinon, à qui profite le monopole dans l’exportation du Cacao ivoirien ? Et la question légitime que tous se posent : où est passé le Fond de garanti de plus de 1200 Milliards de francs Cfa ?
En comparant cette politique cacaoyère à celle sous le pouvoir précédent du Président Laurent Gbagbo, qui responsabilisait les producteurs eux-mêmes dans la gestion de leurs produits, force est d’admettre que c’est une catastrophe aujourd’hui !
En tout état de cause, les producteurs ivoiriens ne doivent en aucun cas être victimes des errances du régime Ouattara !
2/ TROP C’EST TROP DIASPORA S’INDIGNE AVEC LES PRODUCTEURS DE CACAO EN CÔTE D’IVOIRE :
« Dès la première semaine, nous avons constaté que les Coopératives n’avaient pas de liquidité nécessaire pour payer les Producteurs. Beaucoup de Cacao sont restés bloqués dans les magasins.
Ils ont cassé plus de la moitié du prix du Cacao et j’entends dire que l’État a fait des efforts. Si ce n’est pas dans le secteur du Cacao, je n’ai jamais vu un salarié dont le salaire est divisé en deux et puis il applaudit son patron. Le Ministre Koné Nabagné vient d’arriver fraîchement, on a cru que c’était un espoir ; on lui donne le micro et il nous annonce que l’intermédiaire ne doit acheter le Cacao qu’au paysan détenant la Carte de Producteur. Alors qu’il y a de nombreux Producteurs qui se sont recensés, mais qui n’ont jamais reçu leur Carte. Ce qui veut dire que nous autres, nous n’allons pas vendre notre Cacao ? Cette déclaration du Ministre Koné Nabagné est une menace pour notre activité et pour la survie de notre famille ; nous n’allons pas l’accepter. (…)
Je crois que nous allons prendre nos responsabilités. À partir de la semaine prochaine, nous allons convoquer tous nos membres ; nous allons prendre nos responsabilités parce que l’heure est grave ! Nous refusons d’être sacrifiés ! »
Ces propos sont extraits de la récente déclaration de M. Koné Moussa, Président du Syndicat des Planteurs de Côte d’Ivoire, le SYNAP-CI.
Devant cette déclaration courageuse et de dignité, Nous, Leaders et Responsables des Représentations du Mouvement TROP C’EST TROP, en Amérique, en Europe et en Afrique:
– exprimons notre soutien total et inconditionnel à tous les paysans acteurs dans la filière Cacao en Côte d’Ivoire !
– compatissons avec tous les paysans qui sont les principales victimes de la mauvaise gouvernance du secteur agricole par le régime Ouattara.
– Nous sommes prêts à tout moment, pour apporter notre appui aux paysans dans toutes manifestations qu’ils initieraient, afin que leurs droits soient respectés !
D’où notre vive interpellation du régime Ouattara.
3/ TROP C’EST TROP DIASPORA INTERPELLE VIVEMENT LE RÉGIME OUATTARA :
– TCT Diaspora exige que tous les produits qui ont fait déjà l’objet d’achats au prix de 2800 f.CFA, avec les bouts de papier qui ont été distribués aux producteurs, soient effectivement achetés à ce prix ; et dans un très bref délai !
– TCT Diaspora exige que le prix du kilogramme de Cacao de la petite traite, qui a été fixé à 1200 f.Cfa soit respecté partout sur le territoire national, et pour tous les paysans !
– TCT Diaspora exige la dépolitisation de la gestion de la filière Cacao et une responsabilisation plus accrue des Producteurs ivoiriens eux-mêmes !
– TCT Diaspora exige toute la lumière sur les Fonds de réserves estimés à 1200 Milliards de F.cfa !
– TCT Diaspora demande au Chef de l’État Alassane Ouattara, de veiller particulièrement à ce que les populations paysannes de Côte d’Ivoire, principale actrices des richesses et du développement du pays, soient traitées avec plus d’égard et de Dignité !
Fait à New York, le 07 Avril 2026
Ont signé :
LES SUPERVISEURS CONTINENTAUX TCT
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AFRIQUE : M. JEAN-BLAISE AYEMENE Coordonnateur de la Diaspora |
EUROPE :
M. MEL ESSIS GAYE |
AMERIQUE :
Dr BOGA SAKO GERVAIS |