Les législatives de décembre 2025 se sont terminées par la victoire du RHDP avec 197 sièges sur 255 que compte l’Assemblée Nationale ivoirienne.
Cette victoire écrasante connaît, cependant, des fortunes diverses, sur l’ensemble du territoire notamment à Djébonoua où le parti présidentiel est sorti encore vaincu par le PDCI-RDA, après les municipales de 2023. Cette défaite, selon Kra Kouadio Jean Yves, ancien militant du parti Tidjane Thiam devenu aujourd’hui sympathisant du RHDP, est un revers de trop dont les causes résident à plusieurs niveaux.
Avant de les relever, l’homme a tenu à présenter d’abord la position stratégique de la ville de Djébonoua, son importance économique et démographique et l’enjeu politique qu’elle représente.
Pour Kra Kouadio Jean Yves, la position stratégique de Djébonoua réside dans son rôle de carrefour ou de ville-frontière d’entrée de la capitale du centre, Bouaké, bénéficiant ainsi d’une urbanisation rapide, d’une croissance démographique significative depuis trois décennies, et la positionnant comme un centre de développement local avec un potentiel agricole (manioc) et un besoin d’aménagement face aux défis environnementaux.
Sa croissance rapide (population multipliée par près de 9 entre 1988 et 2021) témoigne de son attrait et de son rôle de hub pour les populations, d’où son importance stratégique qui a fait d’elle, la base arrière du régime de Laurent Gbagbo durant la crise armée de 2002.
L’homme politique explique que si Djébonoua, sa ville natale, représente aujourd’hui un enjeu de développement, c’est parce qu’elle possède un potentiel économique indiscutable avec ses parcs à bois de manioc qui soulignent son importance dans le secteur agricole, soutenu par des programmes gouvernementaux.
Cependant, au plan politique, remarquera-t-il, Djebonoua est un désert. «Je parle de désert, pas parce qu’il n’y a pas de cadres mais qui ceux qui ont fait les beaux jours de la politique sont aujourd’hui tous vieux et dépassés par les enjeux de développement actuels», a-t-il indiqué. Pour l’homme politique, décidément animé d’une colère et d’une volonté de dire la vérité, le département qui regorge aujourd’hui de jeunes cadres dynamiques, est laissé pour compte par le gouvernement en place pour des raisons qu’il ignore encore.
«Les jeunes cadres qui représentent le parti ici, je veux parler du RHDP, travaillent sur fonds propres. Ce sont généralement des opérateurs économiques qui se sont fait un nom sur l’échiquier économique national par leur travail. Ils investissent et travaillent pour l’implantation du parti. Au nom du parti, il font de gros investissements dans la ville et le département. Mais vous connaissez nos parents, c’est quand ils entendent que leurs fils occupent de grands postes auprès du président de la république qu’ils se disent qu’on ne les a pas oublié», a signalé le militant du RHDP.
Selon lui, la seule façon du parti au pouvoir de conquérir les cœurs des populations autochtones, c’est de mettre promouvoir l’ascension administrative des jeunes cadres du département issus du parti. Ces hommes déjà précédés d’une renommée contribueront certainement aux futures victoires du parti, a-t-il mentionné pour terminer.
Réalisé par Léon SAKI