Comment peut-on prendre un si long timing pour faire une simple consultation populaire alors que le village est en état d’incertitude et d’inquiétude ?
C’est la question qui habite, en ce moment, les esprits des populations du village de Songon Agban Attié 2 depuis le report de la consultation populaire du 04 avril 2026, suite aux actes de vandalisme d’une douzaine d’individus qui ont détruit la logistique de la cérémonie (bâches, chaises, tréteaux) et porté atteinte à l’intégrité physique de certains habitants, au nez et à la barbe des gendarmes commis pour sécuriser le site.
Le Sous-préfet avait alors reçu les autorités coutumières du village en présence du bureau exécutif de l’Association des Chefs Akyés d’Abidjan pour les rassurer quant à la reprise de la consultation populaire.
Mais voilà que trois mois sont passés sans qu’il ne se profile à l’horizon le moindre signe annonciateur de la tenue d’une consultation populaire d’où l’inquiétude au sein des populations.
La consultation populaire en Côte d’Ivoire est une démarche administrative qui permet de valider le choix du chef du village selon les us et coutumes locaux avant la délivrance d’un arrêté préfectoral officiel. Ce qui donne lieu aux autorités rurales d’être reconnues légalement pour gérer et amorcer le développement du village.
Depuis que l’arrêté du Chef Atsé N’cho Jérôme, choisi selon les Us et Coutumes en vigueur, a été annulé sur la base d’un rapport ‘’douteux’’ produit par le Sous-préfet Jean-Marc Séri au Conseil d’Etat, le village est dans l’impasse totale.
Pourtant, la consultation populaire n’est pas une chose mendiée mais une chose prévue par les textes de l’administration. Et le Préfet lui-même qui l’avait fixé au 04 avril 2026, a promis la reprendre, après les malheureux événements qui ont conduit à son report.
Toutes les activités sont au ralenti et le spectre d’une confrontation entre factions est visible. Mais cela n’émeut guère les autorités de tutelle plongées dans un sommeil administratif.
Attendent-elles que le pire arrive au village avant de mettre fin à ce vide de pouvoir?
Léon SAKI