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Les « GBAKA », le supplice des populations de Bingerville. Le Maire Issouf Doumbia appelé au secours.

S’il existe une voie où l’anarchie des prix du transport règne et fait rage, c’est bien l’axe Adjamé-Bingerville. La souffrance des usagers sur cet axe dense et très fréquenté est pénible. Ce calvaire s’accentue particulièrement à 6 heures et à 17 heures, les heures de pointe pour les travailleurs et les élèves, le tout sous le regard complice des syndicats.

Les tarifs sont manipulés à souhait selon l’humeur des chauffeurs et de leurs « Gnambros », mais aussi en fonction des heures. Une situation bien différente de celle des autres axes routiers, notamment Adjamé-Yopougon et Adjamé-Abobo, où les prix demeurent fixes depuis des années.

Que se passe-t-il réellement ? Quel est le véritable problème pour que les syndicats et leurs partenaires chauffeurs imposent ainsi leur loi aux usagers, en cette période financièrement difficile ?

À Bingerville, une fois rentré chez soi, l’idée d’affronter les réalités du transport le lendemain matin rend anxieux et stressé. Les trajets habituellement fixés à 100 F CFA grimpent jusqu’à 500 F CFA. « Tout arrêt, 500 Frs », voici la célèbre formule des « Gnambros » qui annonce une journée difficile, sans compter l’incivisme et l’impolitesse dont ils font preuve.

De Bingerville à Adjamé, le passager peut ainsi débourser la somme de 1 500 F CFA. Voici comment se déroule le trajet :
De la nouvelle gare de Bingerville au Nouveau Goudron (environ 2 km), ils vous imposent la somme de 500 F CFA. Une fois à destination, ils reprennent un peu plus loin d’autres passagers pour Après-Barrage ou la Riviera 2 (si vous avez de la chance) au prix de 500 F CFA. Enfin, de la Riviera 2 à Adjamé, ils appliquent le tarif normal, qui est de 500 F CFA.

Si vous êtes élève ou étudiant et que vous fréquentez un établissement à la Riviera 2 ou à Adjamé, vos parents ont vraiment du souci à se faire.

C’est un véritable calvaire que les syndicats et les transporteurs font subir chaque jour aux usagers du tronçon Bingerville-Adjamé, un calvaire auquel s’ajoute le comportement agressif des « Gnambros ».

Un habitant de Bingerville a partagé le récit pathétique d’une scène vécue à 19 heures dans un de ces mini-cars :

« Une mère, un bébé au dos et accompagnée de son fils de 8 ans, s’installe à mes côtés. Pour nos places, elle tend un billet de 2 000 Frs CFA et je donne 1 000 Frs CFA au Gnambro. Tout au long de la route, nous réclamons notre monnaie. Sa seule réponse : « À la descente ».

Arrivés au niveau de Nouveau Goudron, le chauffeur décide soudainement de ne plus poursuivre jusqu’à Bingerville. Il force tout le monde à descendre pour faire demi-tour. Le Gnambro tente alors de nous transférer de force dans un autre Gbaka. Lorsque nous exigeons le remboursement de notre monnaie avant de monter, ce dernier s’y oppose farouchement, affirmant avec un aplomb déconcertant qu’il nous avait déjà rendu notre argent. »

C’est cette triste réalité que vivent, impuissantes, les populations de Bingerville chaque jour.

Cette agression verbale et cette escroquerie à ciel ouvert sont le lot quotidien des usagers. Pour les parents dont les enfants étudient à la Riviera ou à Adjamé, assurer le budget transport est devenu un gouffre financier intenable.

Face à ce désordre caractérisé et au diktat des syndicats qui pénalisent la banlieue est d’Abidjan, les résidents de Bingerville s’interrogent : qu’attendent les autorités compétentes et le ministère des Transports pour siffler la fin de la récréation et imposer des tarifs fixes et respectés ?

Par Léon SAKI

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