Rien ne va plus à Songon Agban Attié 2. Le début unilatéral des travaux de construction du nouveau marché par l’ancien Chef du village, Loba Moussan Bernabé, suscite la colère noire de la communauté villageoise et ouvre la voie à de graves tensions.
La première source d’indignation réside dans l’illégitimité totale de cette initiative. En effet, face à la crise qui secoue le village, l’administration publique s’était fermement prononcée par la voix du Sous-préfet, Jean-Marc Séri. Ce dernier avait formellement ordonné aux deux parties en conflit d’observer un statu-quo strict, prévenant que tout contrevenant s’exposerait à des poursuites judiciaires.
En lançant les engins de chantier, l’ancien chef Loba Moussan Bernabé choisit délibérément d’ignorer cette injonction. Un constat amer s’impose aujourd’hui au sein de la population : l’ancien chef est-il donc si puissant pour que l’administration ferme les yeux sur de tels actes de défiance ?
La seconde raison des protestations est l’opacité totale qui entoure ce projet. Sans consultation préalable, l’ancien chef a signé une convention avec une société de construction privée pour engager des travaux de décapage sur un site officiel d’utilité publique.
Cette démarche s’est faite au mépris absolu des organes coutumiers et des forces vives de la communauté. Ont ainsi été totalement tenus à l’écart, le Nanan et le Conseil des sages, la Mutuelle de développement, l’Union des femmes et l’’Association des jeunes.
La communauté villageoise, encore échaudée par l’épisode récent d’un forage devenu payant, craint aujourd’hui une nouvelle spoliation de ses infrastructures. Les interrogations se multiplient et les rumeurs enflent sur le site, alors même que les travaux ont déjà commencé.
S’agit-il d’un véritable marché public ou d’un édifice à but privé ? Pourquoi un individu utilise-t-il le site officiel du village à des fins personnelles ? Que cache la convention signée avec l’entreprise de construction ? S’agit-il d’un bail à court, moyen ou long terme ? Combien ce marché coûtera-t-il réellement au village et quels en seront les bénéfices pour les populations ?
Face à ce mur du silence et à ce qu’ils qualifient de provocation, les villageois attendent désormais une réaction forte des autorités pour faire respecter la loi et préserver le patrimoine collectif.
Par Léon SAKI