Le village de Songon-Kassemblé, l’un des plus importants et des plus vastes du département d’Abidjan, traverse une ère de profonde mutation. Longtemps plongée dans une gestion foncière opaque et désordonnée, cette communauté Ebrié voit aujourd’hui ses lignes bouger sous l’impulsion d’un homme : le Chef Agnon Jonas. Dès son accession au trône, ce leader communautaire s’est engagé dans un véritable travail d’Hercule pour restaurer l’ordre, assainir le secteur foncier et restituer au village ce qui lui appartient de droit. Un combat noble, mais semé d’embûches.
À l’instar de nombreuses localités de la région Atchan, Songon-Kassemblé souffrait depuis des années d’une anarchie totale dans la gestion de ses terres. Ce désordre structurel trouvait sa source au cœur même du fonctionnement interne des chefferies précédentes, caractérisé par une absence d’organisation et une mauvaise répartition des tâches.
Face à ce vide administratif et managérial, l’immense patrimoine foncier du village est devenu la cible de toutes les convoitises. Des particuliers, des opérateurs économiques, de grandes entreprises, et même des villages voisins, notamment en provenance de la région de la Mé, se sont indûment appropriés des parcelles massives. Pire encore, cette spoliation s’est parfois faite avec la complicité passive ou active de certains fils du village, privilégiant des intérêts égoïstes au détriment du bien commun. Dès sa prise de fonction, le Chef Agnon Jonas a fait de la fin de cette récréation sa priorité absolue.
Face à l’ampleur de la dépossession, le Chef Agnon Jonas aurait pu choisir la confrontation directe ou les méthodes informelles. Il a préféré la voie de la sagesse et du droit moderne. Après avoir mené un rigoureux travail d’identification et de cartographie de tout le patrimoine foncier appartenant historiquement à Songon-Kassemblé, le Chef a choisi de saisir la justice ivoirienne.
Cette offensive judiciaire vise à faire prévaloir les droits légitimes de sa communauté face aux occupants illégaux. Pour Agnon Jonas, ce combat n’est pas une simple affaire de leadership, mais un devoir moral ancré dans la tradition Atchan. Cette culture repose fondamentalement sur le système générationnel : chaque génération reçoit un héritage qu’elle doit bonifier avant de le transmettre à la suivante. Protéger la terre aujourd’hui, c’est garantir la survie, l’épanouissement et l’avenir des jeunes générations de Songon-Kassemblé.
Une telle reprise en main ne pouvait se faire sans heurts. En s’attaquant à des intérêts financiers colossaux et à des occupations irrégulières bien ancrées, le Chef Agnon Jonas est devenu la cible privilégiée de ceux dont les privilèges sont désormais menacés.
Aujourd’hui, le guide traditionnel est dans le viseur d’une coalition d’intérêts obscurs. Menaces, pressions sociales, tentatives d’intimidation : le quotidien du Chef est rythmé par les assauts de ses détracteurs. Ces derniers ont même investi les colonnes de certains médias, orchestrant des campagnes de presse à charge et des écrits calomnieux dans le seul but de salir sa réputation et de fragiliser son autorité.
Mais c’est mal connaître la détermination de l’homme. Face à cette tempête médiatique et humaine, Agnon Jonas reste inflexible. Porté par la légitimité de sa chefferie et le soutien des forces vives de son village, il refuse de céder d’un pouce. Pour le Chef de Songon-Kassemblé, la restauration de la justice foncière est un chemin de non-retour. Hercule a commencé ses travaux, et il compte bien les mener à leur terme pour le salut de son peuple.
Par Léon SAKI